Reforme du système éducatif comorien ?
L’éducation comorienne repose en principe sur deux piliers qui sont : L’école coranique et la survivance du système éducatif français. La personne comorienne, de quintessence, tient du piédestal, lui-même tenu par ces deux piliers. La défaillance sur le plan éducatif, parce que le préalable en fondamentaux de l’école coranique serait omis dans la mécanique entraînant vers les cycles officiels de formation de l’enfant comorien, constitue un handicap dont les effets se font sentir à maturité d’apprentissage. Le désintérêt flagrant des pouvoirs comoriens successifs, laissant totalement la place à l’éducation possible seulement pour ceux qui ont de l’argent, amplifie de plus en plus la mise à mal du droit à l’éducation consacré internationalement pourtant par les textes.
Avant de parler d’éducation, il apparaît nécessaire d’évoquer la destinée elle-même des enfants comoriens. Le taux de natalité, sur écarts notables entre îles composant les Comores, nous dit-on, est de 35,78 pour mille ; mais ces enfants, une fois nés, affrontent globalement l’imprévisibilité quant à leur survie comme à leur chance de s’accomplir. Les auteurs, en décidant de les avoir, ne s’estiment aucunement dans le cadre d’un projet engagé pour la réussite. Pour ces auteurs, c’est ni plus ni moins qu’un fait social naturel de routine. Il est donc difficile à cet égard de donner à l’événement une autre signification, de nos jours en terres comores.
Nous nous trouvons donc en présence d’un problème de responsabilité avant tout des parents vis-à-vis de leurs enfants avant de devenir celle d’une société qui, non seulement n’a pas les moyens d’une prise en charge mais, aussi n’a jamais placé le volet éducatif au niveau requis.
L’observation même des mouvements des enfants dans les bourgades comoriennes aujourd’hui amène à une remarque : L’école coranique, quoi que l’on dise, a perdu son emprise sur une société et, par conséquent, son rôle social de jadis n’est plus assuré. Il n’y a qu’à y vivre pour se persuader de la déficience de quelque chose dans chacun des comoriens et dans la société.
La survivance du système éducatif français ne tient, tant bien que mal, que grâce à un secteur privé éducateur en force depuis les années 90, et à la portée de ceux qui ont les moyens financiers d’assurer une éducation pour un avenir idéal à leurs enfants ; elle ne résiste aussi que par la ténacité de quelques parents convaincus du devoir d’éduquer malgré eux, l’état de l’école publique, et qui comptent sur les injections de survie d’un système par la France, aidée tant bien que mal aussi dans certains contrées par une Diaspora infatigable.
La reforme du système éducatif comorien est un grand chantier. Le champ des actions réformatrices est un vaste espace devant recevoir beaucoup de semences. Partant de la responsabilité individuelle dans une société à l’égard de l’enfant jusqu’à celle de l’Etat, en passant par l’implication familiale exigible, celle de la communauté restreinte et/ou élargie et arrêtée d’une manière consensuelle. A tel dynamisme collectif la société se préviendrait de ce qu’il est convenu d’appeler la cohorte de maux sociaux ou les états fébriles d’une société.
Le 24 mai 2010
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