L’ombre de la légitimation démocratique plane incontestablement aux Comores depuis 20 ans mais, ce n’est pas encore la légitimation démocratique.

Publié le par ivembeni-connexion-club.over-blog.org

Au regard de l’actualité politico institutionnelle d’hier et d’aujourd’hui, il nous semble qu’est venu le moment de nous questionner dans nos univers publics de chahuts sur le degré de notre responsabilité dans les malheurs des bourgades de l’Archipel des Comores et de leurs habitants. Car, ici et là-bas, le problème est le même. Or, la légitimation est un acte majeur qui ne saurait s’improviser.

 

Sur le choix de ceux et celles qui parlent et prétendent agir au nom de tous, le comportement citoyen dans les urnes de la décision capitale est d’un niveau moyenâgeux. C’est pour le moins le constat que l’on peut à présent faire. L’accomplir électoralement d’un devoir naturellement sacré, sur légers critères et d’une manière continue, comme si les conditionnalités d’une vie normale en général peuvent être fécondées par le hasard ou se concevoir elles-mêmes et s’imposer aux acteurs sociaux d’une vie ; notre manière là d’accomplir ce précieux devoir civique, qualifiée ainsi ailleurs, signifie quitus au profit des malins d’entre citoyens des Comores.

 

Cet acte  par lequel nous nous disons nous exprimer démocratiquement et pour nous en remettre à certains parmi nous, pour qu’en principe ces derniers prennent légalement les commandes du bien public notamment ; un tel acte ne doit plus s’accomplir à la légère enfin. Le peuple comorien souffre tellement que, de grâce, une sensibilisation, bouée de sauvetage des populations, semble devenir la charge première de chacun et de tous, des teneurs de la parole populaire en même temps animateurs de tous poils des milieux sociaux.

 

Mais, sur quoi s’adosse cette légèreté comportementale du grand nombre de l’électorat comorien ou « archipelien » dans l’isoloir de la légitimation ?

 

La conduite de l’électorat comorien s’appuie sur divers châssis. Elle est, tout d’abord, la séquelle d’un modèle socio politicien d’antan sur lequel certains postulants trouvent encore de quoi s’alimenter en crédit politique. Elle demeure ingrédient d’une culture politico stratégique propre aux acteurs nationaux qui, à la longue bien enracinée et  qui est traduite par une criminalisation volontaire et inconsciente de l’acte d’engagement politique lui-même, du fait de l’exploitation de la vulnérabilité de bon nombre des citoyens.

 

D’aucuns n’ignorent que l’état tendre de bon nombre des citoyens est un fertilisant, rend évidement propice le corps social aux assauts de la tentation corruptive et  reste donc un précieux instrument de lutte des politiciens pour le pouvoir ; d’où l’irrigation lucide et quasi permanente par les mêmes acteurs de la chose publique d’une société.

 

La stature réelle et crédible de la légitimation  dans l’Archipel des Comores apparaîtra lorsque nous aurons compris que voter est un acte individuel et d’expression de maturité civique. Ce qui exclue totalement les mécanismes hérités du statut de colonie, fondamentalement ; ce qui signifie que ceux et celles libres sont convaincus d’ores  et déjà de la nécessité de honnir l’appareil de servitude et qui a comme soubassements les fameux pouvoirs socio structurels, coutumiers et religieux de tous les niveaux de la société.  

 

Ainsi, dans une société de devoirs, obligations et de droits, le citoyen cogitera forcément plus d’une fois avant de se prononcer…

 

Le 15 mai 2010

Ivembeni-connexion-club

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