La Diaspora, et encore la Diaspora

Publié le par XX

 

Entre pamphlets diplomatiques comoriens et des impulsions militantes des certains individuels épris de patriotisme concret, le restant d’effort d’une Diaspora comorienne semble s’assembler plutôt avec ces impulsions militantes, et dans un format d’une coopération décentralisée déjà agissante. Ceci pour éviter justement de tomber dans la même duperie qu’un peuple comorien ; celui-ci demeurant bel et bien l’asservi de la caste politico-comoriènne. Les concordats et autres documents n’engagent que les frustres  parmi ces gens se réclamant d’une Diaspora. Celle-ci est devenue un type de parapluie qu’expatriés de tous poils s’y abritent dans des aliénations individuelles et collectives multiples. Il semble donc venu le moment essentiel d’un rappel de sens d’un mot trop entendu en ce moment.

 

Pour plus court et accessible par tous, la Diaspora, de sens communément admis, résulte d’un état de dispersion des éléments humains d’une communauté ou d’un peuple en raison des causes parfois susceptibles de mettre à mal l’existence, autrement dit.

 

Mais, ainsi définie, le sens  reste toujours insensé dans le cadre comorien. Toutefois, ce qui est tout de même  intéressant à noter chez les expatriés des Comores, c’est que jusqu’à récemment, certains ont vécu aveuglement dans une indéniable conservation de leurs attaches et liens avec les Comores, tellement forts jusqu’à s’oublier eux-mêmes mais qu’au bout du compte, l’on  ne constate, il est vrai, qu’une formation d’une Diaspora imparfaite bien qu’ayant possédé tous les attributs.

 

L’imperfection de la Diaspora comorienne, ainsi le relève-t-on, s’analyse sous l’angle organisationnel. Tout le monde semble s’en accorder en ce temps de constats multiples. Mais, il n’y a pas que cela.

 

Au moins deux des raisons d’un échec dans la relation Diaspora comorienne et un pays d’attaches et liens,  c’est bien le profil de la représentation de ladite Diaspora et le défaut de retour digne d’un pays.

          

Le profil ici est entendu en caractéristiques réunies de la prétention à la représentation. A cet égard, nul comorien de l’extérieur n’ignore les difficultés, et à tous les niveaux d’une Diaspora, de voir sortir du bâillonnement des clairvoyances par estampe sociale et connaissances.

 

Des caractéristiques pour l’idéal profil ?

Oui. Car, très sincèrement que prétendons-nous faire et qui pourrait se traduire en aides aux comoriens, à un pays ? Des actes répondant aux attentes d’une société qui a, à la fois, ses marques sociales propres, certes à toiletter, et ses impatiences de progression dans un monde en mouvement. Là, se situe la problématique car, d’un point de vue sociologique, nombreux sont ces prétendants à la représentation de la Diaspora comorienne qui n’incarnent en rien une société. Pour la plupart de ceux qui portent un drapeau aujourd’hui, la proximité avec une société comorienne ne se limite qu’à une naissance et/ ou ascendance. Mais, ni la moindre marque sociale dans leur identité globale ni connaissances se rapportant à la société comorienne ; rien ne les renvoie à celle-ci.  Les rares contacts physiques avec des localités d’affiliation ne peuvent donc faire d’eux des gens de l’appartenance réelle;  plutôt vus comme des touristes aux regards hagards se limitant à la simple curiosité. Des gens de marge d’une société quelle qu’elle soit aujourd’hui. Sont-ils de certaines coutumes génératrices de subsides mal consommées malheureusement par une société ? Non. Existe-t-il entre eux et une société un connecteur qui les permettrait de mettre à profit leurs supposées connaissances ? Non.

  

Comment alors, avec de telles postures de la disjonction marquée, prétendre mieux sentir le réel d’une société comorienne et porter parole et revendications à travers une représentation ?

      

En l’état actuel d’une Diaspora et de ses codes existentiels ; laquelle Diaspora aspire à institutionnalisation pour une contribution positive, et c’est du moins ce qui fait l’objet d’une apparente préoccupation officielle, il y a fort à parier qu’il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’une énième tentative de mise en place d’un lobby contextualisé pour des fins électoralistes proches ou lointaines, comme on l’a toujours vécu par le passé.

 

Mais, même admise comme telle avec ses bizarreries, il n’en demeure pas moins que la Diaspora comorienne, par multiples canaux, s’est toujours donnée sans questions et pour qu’un pays échappe aux affres de la misère qui ont conduit certaines sociétés d’autres pays à s’engager pour leur survie sur les voies des immoralités comportementales.

 

Qu’est ce qu’une Diaspora, même se défendant mal, pourrait attendre en retour ?

 

Certainement pas des discours aux chargements infantilisant que tiennent en permanence ces autorités de l’Etat comorien et qui ne sont reçus que par des encenseurs. Des justes réponses à des questions banales.

 

Où va l’argent consacré aux dépenses chez les acteurs économiques pour le Grand mariage comorien ? N’est-ce pas une forme d’intervention de la Diaspora dans l’économie comorienne ? Si ces acteurs économiques avaient le moindre souci d’un pays et de son développement, une partie au moins des millions qu’ils amassent tous les ans aurait servi à faire accroître leurs affaires avec l’espoir de perception d’impôts par un Etat et de proposer quelques réponses au chômage des jeunes comoriens.

 

Où vont les millions encaissés par ces entreprises de bâtiment et travaux publics sollicités dans le cadre des constructions des villas de ces « je viens » ?  S’il y avait réinjection de cet argent pour le développement de ces entreprises, ressources d’un Etat et quelques réponses à un chômage accablant auraient été naturellement des conséquences. 

 

 

L’apport d’une Diaspora à travers des services des Douanes ne fait aucun doute. Mais, il semblerait que cette part sert à maintenir en vie des prétendus serviteurs d’un Etat et engraisser des nomenklaturas.

 

En retour, les « je viens » d’une Diaspora et leurs bambins sont les bienvenus à l’aéroport Prince SI et ce n’est pas un quolibet.

 

Ils y vivent même en absolue sécurité sur tous les plans, lorsque les percussions nostalgiques pour une patrie et les festivités coutumières les contraignent à y atterrir en « je viens » pour vivifier des caisses diverses.

 

Ils sont émus par un accueil exceptionnel dans des administrations étatiques de hautes compétences.

Ils arrivent même à y séjourner économiques tellement tout est moins cher.

 

Ils aimeraient bien prolonger des séjours parfois, tellement la vie est de quiétude vis-à-vis de la maladie, par des structures de santés de qualités.

 

Malheureusement, ils se trouvent obligés de regagner ces terres d’accueil  sans tracasseries administratives, les devoirs respectifs les attendant.  

 

Et, nul besoin de faire trop de bruit, d’autant plus qu’on s’occupe de leur sort à l’extérieur et quel que soit le prix !

 

Drôle de relation avec un pays que l’on aime à la folie, il est vrai. Mais il n’y a tout de même pas d’amour sans fin.

 

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