Complétif à la conférence « GTV » du 04 août 2012

Publié le par XX

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«Aussi,  mon existence n’aurait pas de sens sans souvenances » (Bébé)

 

A l’heure où nous parlions de développement à Ivembeni et où nous nous interrogions pour meilleures voies, l’archéologie nous  renvoie à une réalité historique de faits sociaux nous conduisant  à admettre que nous avons bien reculé dans certains domaines, contrairement à ce que nous continuions à y croire.

 

A Ivembeni  et proximités, ce que nous avions, il y a déjà quelques années et qui semble être aujourd’hui  un objectif de préoccupation pour être des temps modernes, n’a même plus de musée d’histoire malheureusement.

 

N’avions-nous pas ces infrastructures de base pour rendre la vie facile et agréable depuis les années 60 ?

 Ah ! Que si !

 

Jadis, les eaux pluviales collectées à Sangani furent acheminées par tuyauterie vers les maisons du village Bandasamlini, situé à moins de 5 km d’Ivembeni.

Un tel dispositif de circulation de fluide rejoignant l’eau de source de Mkoudoussi, Ivembeni notamment ne serait pas aujourd’hui en demande. Il fallait y penser…

 

Par presque le même procédé, l’eau de la source « Bondé La Mboudé », à partir du point d’où elle jaillit encore jusqu’à la grande citerne de « La guinguette » pour que les Mboudéens se ravitaillèrent, abreuvèrent leur bétail et pour les besoins du lieudit « Issimani » ; un lieudit qui a été, pour mémoire, le siège d’une société agricole coloniale et par la suite  transformé en camp militaire de développement agricole, de 1975 à 1978.

 

Et même en plein centre d’Ivembeni de ces années là, encore village aux cases en paille, existait un immense bassin connu par les habitants sous l’appellation « Bala » que l’on écrira pour la bonne orthographe « Baland », du nom de cet européen qui a été à l’initiative de cette œuvre vitale.

Le procédé de rapprochement des foyers de l’eau a été fait par un tuyau à partir du bassin jusqu’ à 150m environ , à quelques pas des maisons d’un des quartiers d’Ivembeni ; une manière de montrer à une population qu’il suffisait de prolonger un dispositif de cette nature pour aller un peu plus loin.

 

A cette époque, même Moroni n’avait pas encore bénéficié d’un tel mécanisme qui n’a vu le jour que quelques années plus tard et que ses habitants appellent « les pompes » ; un équipement de distribution d’eau dans les quartiers.

 

Pour Ivembeni, la mémoire conserve encore ces deux grandes citernes communautaires dont l’une d’elles érigée devant le « beit » des Ngazi, Mbechezi, Saidou Mbaraka, Mze Moussa Hamadi Mchangama, avec une « plaque » sur laquelle on pouvait lire : « terminée le 06 novembre 1960 par César », probablement un autre européen qui est passé par là avant M. Baland.

 

Aujourd’hui, le souhait premier d’Ivembeni-Maoueni et habitants n’est autre que l’eau courante dans les habitations par procédés améliorés pour du quantitatif et du qualitatif, compte tenu  d’une évidente forte demande liée à l’accroissement démographique et aux exigences en matière de santé publique.

 

Dans ce domaine précis, pour les localités Ivembeni-Maoueni particulièrement, si l’on considère que le développement connote  l’idée de progression, on serait  tenté alors de conclure qu’il y a plutôt régression.

 

Pour conforter une constatation, le schéma paraît clair. Du tronc d’arbre creusé de conservation d’eau au bassin et tuyauterie de M.Baland, en passant par les récipients ou vases de toutes formes, les ustensiles domestiques aussi creux de moyennes et grandes dimensions en acier ou autres matériaux, les citernes communautaires, celles des familiales qui en avaient les moyens et pour finir aujourd’hui par la citerne pour chaque foyer ; un type de réservoir qui n’est ni plus ni moins que l’expression d’un individualisme très ponctué ; acceptons-le, il eut une déficience collective qui pourrait se justifier…

 

Il faut remonter donc le temps pour aller chercher des techniques « Baland » de collecte des eaux pluviales et de distribution, encore accessibles en terme de coût d’investissement.

 

A Sanghani- Bandasamlini, les derniers à en avoir tiré profit furent les hommes de Bob Denard, des années après les premiers bénéficiaires et qui ont été les rapatriés comoriens d’Afrique de l’Est du milieu des années 60.

 

Billet doux à ma défunte grand-mère Fatima Mbechezi ; une brave dame qui m’a fait découvrir Sanghani-Bandasamlini  des années 60, réellement développé.  

mze mchinda alias Bébé

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