Ce Said Mchangama en tout cas est un homme de l'action et la prévoyance!
Le lundi 17 janvier 2011 est une date qui doit être marquée d’une pierre blanche pour la diaspora franco-comorienne. En effet, une rencontre "au sommet" a eu lieu dans la grande salle des séances du Conseil Général de la Seine St Denis à Bobigny.
Cette réunion peut être qualifiée d’historique car, comme le voyage des parlementaires français organisé au mois d’octobre dernier (cf.Le compte rendu et les photos de la visite des parlementaires français, c’est la première fois dans l’histoire des Comores que tous les acteurs majeurs du développement se sont retrouvés autour de la même table pour faire connaissance et échanger librement des idées pour l’avenir du pays.
L’initiative de cette réunion revient à Saïd Mchangama, Président de l’Association des Maires de Ngazidja, qui a su profiter du séjour en France de Luc Hallade, Ambassadeur de France aux Comores, pour organiser avec l’aide des élus de la Seine St Denis cette rencontre au sommet.
Toutes les associations de la diaspora ayant participé à un projet de développement aux Comores cofinancé par le PCD ont donc été invitées par Claude Bartolone, Président du Conseil Général, et Gilbert Roger, son 1er Vice-Président, à cette réunion officielle réunissant à l’Hôtel du Département, tous les acteurs majeurs de la Coopération Décentralisée, notamment :

Claude Bartolone, Président du Conseil Général de Seine St Denis,
Gilbert Roger, 1er Vice-Président du Conseil Général de Seine St Denis,
Daniel Goldberg, Député de Seine St Denis, Président du Groupe d’Amitié France-Comores à l’Assemblée Nationale,
Stéphane Troussel, Conseiller Général de Seine St Denis, Responsable de la Mission Parlementaire aux Comores
Luc Hallade, Ambassadeur de France aux Comores,
Abdallah Mirghane, Ambassadeur des Comores en France,
Lino Ferreira et Marie Hélène Chambrin, Responsables de la Coopération Décentralisée au Conseil Général de Seine St Denis,
Saïd Mchangama, Président de l’Association des Maires de Ngazidja,
Ali Soilihi, Maire d’Ivembeni,
Amina Mouigni, Conseillère Municipale de La Courneuve,
d’autres élus franco-comoriens et acteurs de la coopération que nous n’avons malheureusement pas été en mesure d’identifier. Qu’ils veuillent bien nous en excuser.
Ainsi que l’a souligné en introduction Luc Hallade, l’ensemble des élus et des diplomates reconnaissent et saluent le dynamisme de la diaspora comorienne en France. Leur rôle consiste à accompagner les initiatives des associations de manière à leur apporter un degré de professionnalisme qui fait souvent défaut et ainsi leur garantir de meilleures chances de succès.
Dans un pays où beaucoup de choses font défaut, le champs d’intervention est large. Un premier danger est donc de se disperser. Une première action pourrait ainsi consister à mettre en place de manière concertée des priorités.
Abdallah Mirghane, de son côté, rappelle que chaque association issu de la communauté a un rôle d’ambassadeur des Comores auprès de ses interlocuteurs. Il souhaite que les actions entreprises vers les Comores s’inscrivent dans le cadre d’un développement durable (pour info complémentaire : cf. Et si on parlait de développement durable pour Foumbouni ?). Enfin, il conseille aux franco-comoriens de ne pas hésiter à s’investir dans la vie politique française, à l’exemple des jeunes élus franco-comoriens présents.
Saïd Mchangama insiste sur le fait que cette rencontre est une chance exceptionnelle pour le développement des Comores. Son intervention tranche par rapport aux discours habituels des politiciens comoriens qui ne savent que mettre en avant la pauvreté des Comores pour réclamer de l’aide. Pour lui, la pauvreté ne donne aucun droit, mais plus de devoirs. Il appartient à tous les comoriens de travailler plus pour leur pays.
De plus, le Président de l’AMN enfonce le clou : l’argent qui arrive aujourd’hui aux Comores en provenance de l’étranger va aller en diminuant. Il est en effet largement temps de prendre conscience que l’époque des millions qui tombent du ciel par le biais de l’aide internationale est révolu. De même pour les mandats en provenance de la diaspora. Ceux qui envoient aujourd’hui de l’argent aux Comores sont appelés à disparaitre un jour. Leurs enfants n’auront pas la même attitude et devront faire face à d’autres priorités pour gérer le budget familial. Aussi le "salaire" de ceux qui sont restés au pays va disparaitre un jour.
Enfin, Saïd Mchangama nous interpelle quant à la gestion des projets associatifs de la diaspora. Pour lui, deux priorités doivent être gardées à l’esprit par les responsables associatifs et leurs correspondants aux Comores pour conserver de bonnes relations avec leurs partenaires :
en toute occasion, il convient coûte que coûte de respecter les engagements pris vis à vis de la coopération.
il faut veiller à dépenser l’argent dans les normes de qualité internationales et mettre fin aux gaspillages et aux dérives constatés par le passé.
Source : foumbouni.net
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